Fiat lux

La Princesse de Navarre

en mayo 13, 2012

“La princesse de Navarre” est une comédie-ballet de Jean-Philippe Rameau sur le texte de Voltaire. La pièce comporte un prologue et trois actes. Le premier acte commence par la scène dans les jardins de dom Morillo, sur les confins de la Navarre. On apprend que la princesse de Navarre, a été prisonnière du roi de Castille, don Pedro, mais elle est parvenue à s’enfuir et se mettre en sécurité chez le baron Don Morillo, mais sous une autre identité. C’est à la cour du baron qu’elle rencontre le jeune Alamir et  lui prend en sympathie. Mais Alamir, lui même cache aussi sa vraie identité, en réalité il n’est autre que Gaston de Foix, l’ennemi de la famille de Constance. Cependant il tombe éperdument amoureux de la jeune et extrêmement belle fille.

Au cours de l’acte II, composé de dix scènes, on assiste a une fête où  “Alamir” apprend que des émissaires du roi réclament Constance.

Il n’hésite pas un instant à la défendre, Constance lui avoue sa vraie identité. Les français gagnent Don Pedro avec le soutien déterminant des armées d’ “Alamir”. De l’autre côté, Constance elle même sent comme elle aime beaucoup “Alamir”, mais Sanchette la fille du baron Don Murillo l’aime aussi et la princesse le croit, en outre, sa condition de princesse ne lui permet pas d’ épouser “Alamir”, de rang plus “inférieur” qu’elle.

Déjà l’acte III, composé de six scènes, nous présente Gaston (“Alamir”) comme un héros vainqueur, il dévoile aussi sa véritable identité.  L’un des obstacles qui pourrait séparer les jeunes amoureux est disparu, il ne reste que résoudre le problème de la haine de ses familles, mais l’amour triomphe et ils s’ épousent.

Le spectacle termine par un divertissement, le théâtre représente les Pyrénées et l’Amour descend sur un char, son arc à la main.

Cette oeuvre a été représentée à Versailles, mardi le 23 février 1745 à l’occasion du mariage du Dauphin Louis (fils de Louis XV) avec l’infante Marie–Thérèse d’Espagne, par exprès commandement du Roi.

 

A cette égard on lit dans l’ “Avertissement” qui précède le prologue et le texte de Voltaire (Paris, Ballard fils, 1745):

«Le roi a voulu donner à madame la Dauphine une fête qui ne fût pas seulement un de ces spectacles pour les yeux, tels que toutes les nations peuvent les donner, & qui passant avec l’éclat qui les accompagne, ne laissent après eux aucune trace. Il a commander un spectacle qui pût à la fois servir d’amusement à la cour, & d’encouragement aux beaux arts, dont il sait que la culture contribue à la gloire de son royaume. M. le duc de Richelieu, premier gentilhomme de la chambre en exercice, a ordonné cette fête magnifique.

Il a fait élever un théâtre de cinquante-six pieds de profondeur dans le grand manège de Versailles, & a fait construire une salle, dont les décorations & les embellissements sont tellement ménagés, que tout ce qui sert au spectacle doit s’enlever en une nuit, & laisser la salle ornée pour un bal paré, qui doit former la fête du lendemain.

Le théâtre & les loges ont été construits avec la magnificence convenable, & avec le goût qu’on connaît depuis longtemps dans ceux qui ont dirigé ces préparatifs.

On a voulu réunir sur ce théâtre tous les talents qui pourraient contribuer aux agréments de la fête, & rassembler à la fois tous les charmes de la déclamation, de la danse & de la musique, afin que la personne auguste, à qui cette fête est consacrée, pût connaître tout d’un coup les talents qui doivent être dorénavant employer à lui plaire.

On a donc voulu celui qui a été chargé de composer la fête, fît un de ces ouvrages dramatiques, où les divertissements en musique forment une partie du sujet, où la plaisanterie se mêle à l’héroïque, & dans lesquels on voit un mélange de l’opéra, de la comédie, & de la tragédie.

On n’a pu ni dû donner à ces trios genres toute leur étendue; on s’est efforcé seulement de réunir les talents de tous les artistes qui se distinguent le plus, & l’unique mérite de l’auteur a été de chercher à faire valoir celui des autres.

Il a choisi le lieu de la scène sur les frontières de la Castille, & il en a fixé l’époque sous le roi de France Charles Cinq, prince juste, sage & heureux, contre lequel les anglais ne purent prévaloir, qui secourut la Castille, & qui lui donna un monarque.

Il est vrai que l’histoire n’a pu fournir de semblables allégories pour l’Espagne. Car il regnait alors en Castille un prince cruel & sans foi, & sa femme n’était point une heroïne, dont les enfants fussent des héros. Presque tout l’ouvrage est donc une fiction dans laquelle il a fallu s’asservir à introduire un peu de bouffonnerie, au milieu des plus grands intérêts, & des fêtes au milieu de la guerre.

Ce divertissement a été exécuté le 23 fevrier de cette année 1745, vers les six heures du soir. Le roi s’est placé au milieu de la salle, environné de la famille royale, des princes, & princesses de son sang, & des dames de la cour, qui formaient un spectacle beaucoup plus beau que tous ceux qu’on pouvait leur donner […].

On est sorti du spectacle à neuf heures & demie dans le même ordre qu’on était entré, & alors on a trouvé toute la façade du palais, & des écuries illuminée. La beauté de cette fête n’est qu’une faible image de la joie d’une nation qui voit réunir le sang de tant de princes auxquels elle doit son bonheur & sa gloire.

Sa Majesté, satisfaite de tous les soins qu’on a pris pour lui plaire, a ordonné que ce spectacle fût representé encore une seconde fois

Les acteurs de la comédie furent:

Constance – Princesse de Navarre, la demoiselle Gaussin

Le duc de Foix – le sieur Granval

Dom Morillo – seigneur de Campagne, le sieur Poisson

Sanchette – fille de Morillo, la demoiselle Dangeville

Leonor – L’une des femmes de la princesse, la demoiselle Granval

Hernand – Écuyer du duc, le sieur Armand

Un oficier des Gardes – Le sieur Legrand

Un alcalde – le sieur la Torilière

Un jardinier – le sieur Paulin

On apprend que la pièce a été aussi jouée à Bordeaux en noviembre de 1763.  Alors Voltaire a composé un nouveau prologue qui a été imprimé dans le t. I du «Mercure», janvier, 1764.


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